Pistes

De et avec Penda Diouf
Mise en scène : Aristide Tarnagda
Création du Théâtre Acclamations
La Charge du Rhinocéros

Pistes… c’est l’entrelacs de sillons de ma mémoire. C’est la piste du stade d’athlétisme où la jeune ado de 14 ans peine à formuler ses premiers espoirs, ses premiers rêves mais court inlassablement à les construire, patiemment, pas à pas. C’est la rencontre télévisuelle avec Franckie Frédéricks, seul champion olympique namibien.

Pistes…. C’est la découverte d’un pays africain éloigné de mon histoire familiale tracée entre le Sénégal, la Côte d’Ivoire et la France où le hasard m’a faite naitre. C’est un pays dont je tombe rapidement amoureuse. Où est ce de l’athlète dont je m’amourache ? Je découvre la Namibie via des livres, par des documentaires national geographic. Une terre magnifique, des lumières somptueuses, des dunes de sable rouge. On dirait qu’elles chantent. J’entends parler de tout ça. Et de ce qui a nourri cette terre rouge puisque la moitié de la population herero et les 3⁄4 de la population Nama sont tués lors du génocide allemand. Les mêmes noms de protagonistes que lors de la seconde guerre mondiale se disputent la vedette, comme Goebbels. Il y a une parenté évidente entre le début de siècle en Namibie et le milieu de siècle en Europe. Les expériences scientifiques, les camps de concentration, l’épreuve de la faim, le génocide. Mais ce pan de l’histoire européenne et africaine est totalement oublié aujourd’hui.

Pistes… Ce sont mes forces internes pour faire face à la dépression. Continuer à travailler, à écrire alors que tout s’écroule à l’intérieur. Alors que l’idée de la mort ne me fait plus peur. C’est au sortir de ces années en pointillés que je me décide à réaliser ce rêve de gosse. Fouler la même terre que Franckie en Namibie.

Pistes… vient de là. C’est-à-dire de très loin.

Penda Diouf.