Photos © Gillard-MV

Cathy Min Jung

Née à Séoul, Cathy Min Jung a grandi en Belgique, dans la campagne wallonne. Après sa formation au Conservatoire Royal de Bruxelles, sa quête identitaire l’a conduite à Paris, puis à Londres, où elle a fréquenté la Webber Douglas Academy of Dramatic Arts. Son premier retour en Corée du Sud, sa terre natale, marquera un tournant dans son parcours. Lorsqu’elle rentre à Bruxelles, c’est un autre voyage qu’elle entame, celui de l’écriture. D’abord avec un documentaire qu’elle réalise, et puis une première pièce Les Bonnes Intentions suivie de Sing my Life. Avec sa compagnie, Billie On Stage, elle continue à défendre une démarche artistique engagée. Au gré des rencontres et des projets, elle est tour à tour autrice, actrice ou metteuse en scène, parfois les trois. Elle joue également au cinéma, à la télévision ou sur les planches, mais ces dernières années, elle se consacre beaucoup aux écritures du réel en abordant des problématiques sociétales par le biais de la fiction. Avec Les Bonnes Intentions, elle questionnait les thématiques de l’identité, de la filiation, de l’héritage, du rapport mère-fille et surtout du discours colonial inhérent aux mécanismes d’adoption interethnique. Avec Sing my Life, il s’agissait de convoquer le monde ouvrier sur le plateau et de mettre en lumière les conséquences des excès du capitalisme sur le quotidien des ouvriers et par extension, le nôtre. Avec La Cour des Grands, elle espère interroger l’importance que nos systèmes éducatifs réservent à l’éducation citoyenne et surtout à ceux qui sont aux premières loges pour la transmettre. Sa démarche artistique la pousse à convoquer sur le plateau ceux que l’on nomme « les invisibles », ceux à qui l’on donne peu la parole dans les débats publics et médiatisés.